Mononucléose infectieuse : comprendre vraiment cette maladie qui touche les jeunes… et les sportifs
- Mathieu Girardot

- 3 déc. 2025
- 5 min de lecture

Fatigue profonde qui peut durer plusieurs semaines, énergie en dents de scie avec un quotidien au ralenti… Et si c’était une mononucléose infectieuse ?
Souvent surnommée « la maladie du baiser » parce qu’elle se transmet par la salive, la mononucléose touche fréquemment les jeunes en pleine vitalité. Pourtant, cette infection peut aussi passer totalement inaperçue, preuve que le virus, à lui seul, n’explique pas tout…
Cet article propose une approche émotionnelle de la mononucléose, permettant de comprendre pourquoi les collégiens et les lycéens, le plus souvent sportifs, sont les plus touchés...
Vous avez dit mononucléose ?
La mononucléose est causée par le virus Epstein-Barr, membre de la famille des virus de l'herpès. Si l'on estime que 90 % des adultes dans le monde ont déjà été infectés, cela ne signifie pas pour autant que 90% des personnes ont été malades !
D'abord parce qu'avant 5 ans, la moitié des enfants rencontrent EBV… mais sans symptôme ou juste un léger mal de gorge.
En moyenne, entre 5 et 30 ans, seulement 10 % des infections donnent une vraie mononucléose.
Par contre, chez les collégiens : c’est l’exception ! On observe 1 cas symptomatique pour 2 infections ! Pourquoi ? On y revient…
Que se passe-t-il dans le corps ?
En général, la maladie débute par une inflammation des amygdales et du pharynx. Il y a alors un recrutement important de lymphocytes, une cellule immunitaire liée notamment à la reconnaissance du "nous".
Cette réaction immunitaire massive impliquent alors une augmentation du volume des ganglions et une fatigue intense. Le corps consomme énormément d’énergie pour s'adapter à l'infection virale.
Le système immunitaire est un véritable système de relation entre l’organisme et tout le vivant qui l’entoure. Il gère la "diplomatie" avec les micro-organismes extérieurs ! La question posée en permanence par le système immunitaire est "quelle relation j'entretiens avec le vivant autour de moi ?".
Dans le cadre de la mononucléose, c'est comme si le système immunitaire ne trouvait pas la réponse à cette question. Il va alors "sur-réagir" en boucle entretenant ainsi une dépense d'énergie accrue… difficilement compatible avec des efforts soutenus.
Pourquoi les adolescents et les jeunes sportifs sont plus touchés ?
Les adolescents vivent un véritable cocktail qui favorise l’apparition de symptômes comme ceux de la mononucléose. Cette période de la vie est marquée par un besoin intense de garder sa place dans le groupe, de savoir "comment entretenir les relations avec les vivants autour ?".
Tout ce qui menace l'appartenance au groupe, au clan ou encore à l'équipe peut devenir un facteur déclenchant. Le jeune évolue dans différents environnements collectifs où l’intégration sociale est centrale. Les interactions rapprochées, les fêtes, les échanges de boissons ou simplement la proximité physique deviennent des rituels sociaux essentiels. Alors cette fameuse question de la relation à l'autre est renouvelée puissance 1000 !
De plus, c’est une période chargée émotionnellement avec les premiers enjeux de réussite scolaire, sportive, artistique ou encore affective. L’adolescent ressent fortement la nécessité d’être reconnu, accepté, intégré. Chez les collégiens en particulier, cette recherche d’appartenance est à son maximum. La fatigue est minimisée, la pression des pairs est forte, et l’intensité émotionnelle est élevée.
L’apparition des symptômes peut survenir au moment où le jeune se sent menacé dans son groupe avec la peur d’être mis de côté, l'impression de ne plus suivre ou d'être remis en question dans sa valeur. Chez le jeune sportif, ce phénomène est souvent amplifié car il doit prouver qu’il mérite d’être sélectionné, qu’il a sa place dans l’équipe, qu’il est “à la hauteur”. C’est cette tension, parfois silencieuse, qui peut créer le terrain favorable aux symptômes.
La question clé devient alors : quel est l’événement, récent ou répété, qui a pu faire vaciller sa sensation d’appartenir au groupe ?
Et la place du baiser dans tout ça ?
On parle souvent de la « maladie du baiser » mais pas seulement comme un simple moyen de transmission du virus… Et si l’origine profonde de la mononucléose se jouait plutôt dans les conséquences sociales liées à cet acte ?
Le baiser peut en effet devenir le symbole d’une menace pour mon appartenance au groupe.
En voici quelques exemples…
Si j’embrasse quelqu’un, je risque de me faire charrier… Alors je me retrouve à jongler entre ce que je vis et ce que “le groupe” attend de moi.
Si je tombe amoureux de quelqu’un en dehors de mon cercle, vais-je encore être accepté ? Le cœur s’ouvre… mais la peur de perdre sa place se réveille.
Si je me rapproche de quelqu’un que mes amis n’apprécient pas, est-ce que je ne vais pas me retrouver isolé ? Entre loyauté au groupe et désir personnel, la tension monte.
Si je suis dans une équipe ou un vestiaire où tout se commente, est-ce que je peux vraiment vivre mes émotions sans crainte d’être exposé ? La pression sociale devient un décor permanent.
Dans ces situations, le baiser n’est plus seulement intime, il s'agit d'un acte social potentiellement risqué, qui peut exposer, isoler, faire perdre la face et qui touche directement au regard des pairs et à ma place dans le clan.
La mononucléose survient souvent à ces moments où l’équilibre se fragilise entre "être soi" et "rester dans le groupe".
Et concrètement, que faire en cas de mononucléose ?
Si la mononucléose apparaît souvent à la croisée d’un virus et d’un contexte émotionnel bousculé, cela ouvre la porte d’un accompagnement global, où corps et vécu intérieur avancent ensemble.
Voici quelques pistes simples pour traverser cette période avec plus de clarté et moins d’épuisement :
• Écouter le message du corps plutôt que lutter contre lui. La fatigue intense n’est pas un ennemi mais une invitation à ralentir, récupérer, se protéger. Accepter ce tempo plus lent permet déjà d’apaiser une partie de la tension.
• Identifier le lien social qui s’est fragilisé. Qu’est-ce qui, récemment, a pu toucher la place du jeune dans son groupe ? Une remarque ? Une exclusion ? Une pression nouvelle ? Le tout potentiellement en lien avec une relation amoureuse… Mettre des mots dessus fait souvent chuter une grande part du stress invisible.
• Soutenir le jeune dans sa relation au groupe. Une simple conversation peut ouvrir un espace de sécurité intérieure. Parfois, un accompagnement permet d’explorer plus finement ce qui se joue dans l’appartenance, la loyauté, la peur du jugement ou de la mise à l’écart.
• S’autoriser à être aidé. Quand la fatigue devient écrasante ou que les enjeux émotionnels se mêlent aux symptômes, un suivi en thérapie manuelle et en accompagnement émotionnel peut aider à dénouer ce qui s’est cristallisé.
Vous souhaitez comprendre ce que traverse votre ado ou l'aider à retrouver son énergie ?
Je propose un accompagnement spécifique pour les jeunes : compréhension émotionnelle des symptômes, suivi personnalisé, travail sur la place dans le groupe et libération des tensions physiques associées.
Vous pouvez me contacter pour une séance, un bilan ou un accompagnement sur plusieurs semaines !





Commentaires